C’est la date du 22 mars, journée mondiale de l’eau, que Rainett et le WWF-France ont choisi pour remettre leur trophée aux quatre lauréats de leur concours. Les héros de l’eau version 2010, se sont vus remettre un chèque de 3000 euros afin de les encourager à poursuivre leurs actions en faveur de la protection de l’eau. L’annonce des gagnants, qui s’est déroulée à l’UNESCO, a été précédée d’une table-ronde, animée par Marc Laimé, journaliste et consultant en politiques publiques de l’eau et de l’assainissement. Car avant de récompenser les « bonnes pratiques », il était essentiel d’échanger sur la thématique de l’or bleu et de rappeler à quel point sa qualité, directement liée à notre santé et à celle de notre environnement est menacée. Ont été nommés Héros de l’Eau en 2010 :

Cet organisme est parvenu, après une bataille de 20 ans à faire stopper le projet portuaire de Donges Est et à protéger 2600 mètres de rives naturelles de l’estuaire. Au delà de toute attente, l’organisation a réussi à créer une réserve naturelle nationale à l’échelle de l’estuaire de la Loire, ce qui devrait à terme, permettre de faire diminuer les effets du bouchon vaseux, de restaurer les fonctionnalités écologiques, d’améliorer la qualité de l’eau et de recréer des espaces naturels inutilement remblayés.
Ce sont ses efforts d’écrivain et réalisateur, qui ont été récompensés et en particulier, ses émissions de télévision dédiées aux milieux aquatiques et à leur faune. En effet, depuis 1985, cet ancien employé de la Sécurité Sociale, se consacre à l’écriture et au cinéma pour défendre la cause environnementale. Son expertise sur la situation préoccupante de la loutre a grandement contribué à la mise en place d’un Plan National de restauration. Ses nombreuses publications avec le COA (Centrale Ornithologique Aves), puis l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature en France) et le WWF-France ont, entre autres, facilité la mise en œuvre de divers aménagements (ouvrages hydrauliques tels que barrages ou installations sous des axes routiers) permettant de préserver la faune locale. Sans oublier sa précieuse contribution à l’identification de nombreux sites Natura 2000, à l’élaboration de préconisations et à la rédaction de deux plaquettes synthétiques sur Natura 2000* en Auvergne.
Primé pour ses actions en faveur de la restauration du fonctionnement de l’Allier, alors même qu’il ne s’était pas inscrit. En effet, pour rendre hommage à la détermination et à l’implication de ce membre fondateur de la FRANE (Fédération de la Région Auvergne pour la Nature et l'Environnement), des proches ont tenu à déposer un dossier de candidature en son nom. Œuvrant depuis plus de 30 ans pour la connaissance de la dynamique fluviale, son acharnement à convaincre les pouvoirs publics et les usagers de l’utilité de l’érosion des berges a su convaincre notre jury. Ce dernier a avant tout voulu saluer l’habileté de Christian Guinard à concilier les enjeux environnementaux et sociaux car ses propositions en faveur de la préservation de la zone de divagation de la rivière ont toujours pris en compte les contraintes socio-économiques majeures du territoire.
Son combat a permis une prise de conscience collective et une acceptation de la dynamique fluviale par les pouvoirs publics régionaux, comme l’enjeu essentiel de la préservation de la rivière Allier. De même, il est à l’origine du concept d’espace et de liberté pour les rivières mobiles qui ne sont, par définition, en aucun cas des cours d’eau fixes. Et si aujourd’hui l’érosion des berges a été reconnue d’utilité publique pour les rivières mobiles, notre homme peut se vanter d’y être pour quelque chose…
Enfin, séduit par l’initiative très originale de Monsieur Jacques Blanquet, le jury a décidé de créer un prix spécialement pour lui. En effet, depuis une vingtaine d’années, ce membre de l’ANPER (Association Nationale pour la Protection des Eaux et Rivières) s’échine à convaincre les services de l’Etat d’intervenir dans des cas de pollutions chroniques et dommageables pour la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, mais aussi pour les usagers. Selon la gravité des faits, de nombreux contentieux ont été engagés devant les juridictions administratives, civiles ou pénales. C’est avant tout grâce à lui que l’ANPER est parvenue à mettre en évidence la défaillance des autorités dans le traitement des atteintes à l’environnement.

De gauche a droite, Frédéric Perrin , Christian Guinard, Chantal Jouanno,
Christian Bouchardy, Roberto Epplé, Serge Orru et Jacques Blanquet.
Photos Martin Leers